Mon gilet Margot

Cet été, je me suis remise au tricot et je me suis lancée dans mon premier projet en aiguilles circulaires. Cela faisait des mois que je suivais avec attention de nombreux comptes Instagram liés au tricot et, à force d’épingler mes modèles préférés et de faire des listes d’envies, je me suis finalement jetée à l’eau avec la réalisation de mon premier projet en circulaire. Je vous racontais ces débuts dans un article à la fin de l’été. Je vous détaille dans ce nouvel article la réalisation de mon premier gilet.

Le gilet Margot de Along avec Anna

Along avec Anna est la première créatrice indépendante de patrons de tricot que j’ai découverte il y a un an et demi. J’ai tout de suite aimé son univers tout en douceur et ses modèles délicats. Il m’a donc semblé très naturel de me tourner vers l’un de ses modèles lorsque j’ai souhaité me lancer dans ce nouveau tricot. La plupart des modèles qu’elle conseille pour un niveau débutant sont des pulls (comme le modèle Suzie) mais, préférant porter des gilets, j’ai finalement opté pour le gilet Margot.

Margot est un modèle de gilet aux manches raglans et à l’encolure joliment arrondie, il comporte un motif de dentelle sur les deux demi-devants, le long des pattes de boutonnage. Ses poignets et son bas sont finies par des côtes torses tandis que son encolure se termine en I-cord. Même si je possédais de bonnes bases de tricot – je savais déjà monter des mailles, tricoter en jersey, augmenter, diminuer et rabattre – il y avait un certain nombre de techniques qui m’étaient complètement inconnues, comme l’I-cord, le montage des manches raglans et les techniques liées au tricot circulaire. A la première lecture de la notice du modèle, je me suis demandée si je ne m’étais pas trompée de projet tant j’ai eu l’impression de lire un nouveau langage. Après m’être accoutumée à l’usage des nombreuses abréviations du langage tricot, ce modèle s’est finalement révélé bien plus facile que ce que j’avais imaginé. Les explications d’Anna sont claires et précises et, pour toutes les techniques utilisées, elle renvoie systématiquement à des tutos vidéos qui permettent de visualiser clairement la technique employée.

Pour la laine, j’ai choisi de la Merino fingering coloris gris perle, achetée chez Heidi Idea. Cette marque de laines teintes à la main offrait un large choix de matières et de couleurs et la possibilité de bobiner les écheveaux sur demande à la commande. J’ai été ravie de mon choix tant la laine est douce et souple et sa couleur lumineuse.

Les points techniques du modèle

La réalisation de mon tricot s’est ainsi très bien déroulée et m’a permis de découvrir de nouvelles techniques. J’appréhendais la plupart de ces nouveaux apprentissages et finalement il n’y a pas eu de difficultés majeures.

  • la dentelle : le motif de dentelle n’est vraiment pas compliqué et consiste en un jeté (une augmentation réalisée en passant son fil sur l’aiguille pour créer une nouvelle maille) qui est précédé ou suivi d’une diminution (deux mailles sont tricotées ensemble). Rien de très compliqué donc, si l’on suit attentivement le schéma de dentelle qui indique ligne par ligne où placer les jetés et les diminutions. J’ai même trouvé que cette dentelle venait rythmer agréablement mon tricot, ponctuant régulièrement les allers et retours en jersey.
  • les côtes torses : cette technique n’a en fait rien de compliqué puisqu’il s’agit de tricoter une maille envers / une maille endroit de façon alternée et de tricoter l’une d’entre elles par le brin arrière. Si, au départ, je ne comprenais pas l’intérêt des côtes torses par rapport aux côtes classiques, je me suis vite rendue compte que les côtes torses apparaissent en fait bien plus détachées les unes des autres, formant un dessin plus raffiné et élégant que les côtes classiques.
  • le rabattage en I-cord : si le nom de cette technique semblait annoncer quelque chose de complexe, elle a finalement été très facile à réaliser pour un rendu que j’ai immédiatement adoré. En effet, l’I-cord crée une petite chaînette ronde (un peu comme un tricotin) qui court tout le long de l’encolure. C’est certes un peu long à réaliser mais le résultat en vaut vraiment la peine. Je vous mets ici le tuto vidéo que j’ai utilisé et qui explique très bien cette technique.
  • relever les mailles : c’est peut-être le point que j’ai trouvé le moins évident dans mon tricot. Pour ce modèle, il faut relever des mailles pour les deux pattes de boutonnage du gilet ainsi que pour l’encolure, avant de les tricoter selon leurs propres finitions. Ce que j’ai trouvé difficile n’est pas tant le relevé lui-même que le fait d’être régulière et de relever le bon nombre de mailles. Pour l’encolure, je n’ai par exemple pas fait attention à la symétrie de mon travail et j’avais relevé bien plus de mailles d’un côté que de l’autre, ce qui déformait complètement le col. J’ai dû détricoter tout mon i-cord et recommencer à relever toutes mes mailles en étant cette fois plus attentive à relever le même nombre de mailles de chaque côté.

Les finitions

Enfin, je voulais revenir sur quelques finitions de mon gilet et notamment sur le rabattage des mailles. Lorsque j’ai eu terminé de tricoter le corps de mon gilet, après la réalisation des côtes torses, il était marqué de rabattre souplement les mailles. Or, je savais que le rabattage classique des mailles (qui consiste à passer une maille par dessus l’autre) pouvait manquer d’élasticité et je ne voulais pas terminer mon projet sur une finition imparfaite. J’ai donc demandé conseil à Julie, du blog Atelier Svila, qui m’a indiqué que sa finition préférée pour des côtes 1/1 était un rabattage à l’aiguille, une technique longue mais garantissant de jolies finitions et surtout une élasticité parfaite. Elle m’a donc orientée vers ce tuto (photo et vidéo) qui indique comment procéder. Je reconnais que ce rabattage a été particulièrement long mais il permet d’avoir un beau rendu et une finition qui prolonge parfaitement les côtes. J’ai également fini mes bas de manches de cette façon.

Cependant, au moment de rabattre les pattes de boutonnage, j’ai eu envie de tester la méthode classique de rabattage pour constater par moi-même la différence avec le rabattage à l’aiguille que j’avais fait précédemment. Le résultat est donc différent puisqu’il crée une lisière continue qui court de maille en maille mais il me plaît tout autant et, si l’on reste souple et que l’on ne tire pas sur son fil en rabattant les mailles les unes sur les autres, cette technique garde finalement une bonne élasticité.

Vous pouvez ainsi voir cette différence de rendu sur les photos entre le bas de mon gilet (rabattage à l’aiguille) et la patte de boutonnage (rabattage classique).

Le premier gilet tricoté main dans ma garde-robe

Pour terminer, voici les caractéristiques et les petites modifications apportées à mon gilet :

  • modèle de gilet Margot de la créatrice Along avec Anna
  • tricoté en taille 95 cm (pour mon tour de poitrine de 90 cm) mais, tricotant un peu serré, le tour de poitrine est plutôt de 92 cm sur le gilet terminé et je l’aime beaucoup ainsi
  • longueur du corps raccourcie à 36 cm sous l’aisselle au lieu des 40 cm indiqués dans le patron et longueur des manches raccourcie de 2 cm
  • utilisation de 3 écheveaux de mérinos fingering en coloris gris perle (100 g / 400 mètres) chez Heidi Idea et il me reste environ 30 g de laine.

Pour conclure, je suis ravie de ce premier projet tricoté en aiguilles circulaires. Cette technique de tricot permet d’obtenir de superbes finitions sans aucune couture puisque le gilet est tricoté en un seul bloc et j’ai beaucoup aimé voir le modèle prendre forme sur mes aiguilles. Tricoté en top-down (du haut vers le bas) j’ai même pu l’essayer en court de route et cela me motivait encore plus à avancer. J’aurais finalement passé un peu plus de deux mois à le tricoter, le prenant tous les soirs devant une série ou dans le train sur la route des vacances cet été. Une nouvelle activité qui vient parfaitement compléter la couture puisqu’on peut s’y mettre facilement pour 5 minutes ou deux heures et qu’elle est en plus ultra-transportable !

Je suis également très contente du rendu de ce joli gilet que j’ai vite adopté dans ma garde-robe. Je l’ai déjà porté plusieurs fois et je le trouve très agréable. Il me plaît tant que j’ai directement enchaîné sur un nouveau projet Along avec Anna, un gilet au grand motif de dentelle dans le dos, le gilet Blossom…

4 commentaires pour “Mon gilet Margot

  1. Superbe article!! Je l’ai lu avec beaucoup d’attention et m’y référerai sans aucun doute si besoin!
    En tout cas ton gilet et magnifique et donne bien envie de tenter l’aventure d’un projet un peu plus compliqué !
    À bientôt !
    Delphine, @so.little_things

    1. Un grand merci pour ton message Delphine, je suis contente que l’article t’ait plu. N’hésite pas à te lancer dans ce projet si tu as quelques bases en tricot et que tu as déjà réalisé un premier projet car cette dentelle n’est pas compliquée et j’ai pris beaucoup de plaisir à tricoter ce modèle. Je serai aussi heureuse de répondre à tes questions si tu en as !

  2. Bonjour,
    merci beaucoup pour ton article , les liens avec les tutos video vont m’être d’une aide appréciable… Ton gilet est magnifique, je me suis mise depuis peu au tricot comme pas mal de couturières , j’ai l’impression…
    Bonne journée
    (séverine , @sev_4_u)

    1. Merci pour tes compliments qui me font très plaisir. J’ai aussi l’impression qu’on est nombreuses à vouloir compléter la couture par le tricot pour avoir une garde-robe complètement fait main et je trouve ça vraiment chouette que l’on se motive les unes les autres de cette façon ! N’hésite pas si tu as des questions !

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