Calcium et Saïki, version pyjama

Dans mes projets de printemps il y avait l’envie de coudre un pyjama aux teintes toutes douces, un bel ensemble aux tissus accordés, pour se sentir jolie même pour rester à la maison. Il y avait aussi l’envie d’essayer les derniers patrons d’Ivanne S., un caraco et un pantalon aux centaines de variations, et j’ai pensé qu’une première version pyjama serait la solution idéale pour découvrir ces patrons et vérifier leur tombé avant d’en coudre de nouvelles variantes pour l’été. Enfin, il y avait ces élastiques à paillettes, tout juste sortis chez Atelier Brunette, qui étaient l’occasion d’apporter une touche d’éclat à mon pyjama printanier.

Les jolis tissus

Pour ce projet, j’ai voulu me faire plaisir et oser des teintes que je ne porte pas habituellement mais qui, pour un ensemble pyjama, me plaisaient beaucoup. L’avantage des tissus Atelier Brunette est qu’ils s’accordent tous autour de la palette qu’ils ont développée au fil des années. J’ai donc associé le crêpe uni Chestnut au tissu à motifs Windy Maple dont les petits hélicoptères foncés renvoient à la teinte chestnut. Pour les élastiques, j’ai opté pour le rayé et le pailleté en coloris chestnut aussi, voulant voir ce que ces deux modèles donneraient « en vrai » avec mes tissus.

Le tissu Windy Maple est une viscose très agréable à travailler et à porter. Elle est légère tout en gardant une bonne tenue pour une viscose. Elle est également assez stable, ce qui la rend plutôt facile à coudre. Le crêpe Chestnut est quant à lui plus fluide et a tendance à bouger et à se froisser un peu plus, je le trouve plus difficile à coudre mais j’aime tellement son toucher soyeux que je le voudrais dans toutes les couleurs. Cette teinte Chestnut est superbe, elle a été actualisée par Atelier Brunette il y a quelques mois et elle est moins orangé qu’avant, comme teintée d’une légère touche de rose.

Enfin, les élastiques sont vraiment beaux, leur face envers est toute douce et conviendra parfaitement pour les vêtements à même la peau comme la lingerie – je me dis d’ailleurs qu’une culotte habillée d’un élastique à paillettes serait magnifique ! Ils sont aussi particulièrement souples, leur tension est plutôt faible et, selon la façon dont vous aimez porter vos vêtements, il faudra peut-être penser à les resserrer un peu. Pour mon pyjama, j’ai préféré choisir l’élastique tout pailleté qui s’accordait mieux avec l’ensemble de tissus.

Les patrons Ivanne S

Je n’en suis pas à mon premier patron chez Ivanne S. : il y a deux ans, j’avais cousu le manteau Magnésium que l’on voyait énormément sur les réseaux. Mais, une mauvaise association d’options couplée à un lainage trop rigide m’avait un peu laissée sur ma faim. J’avais quand même envie de m’essayer à d’autres patrons de cette créatrice car l’expérience coutre qu’elle propose est vraiment complète.

Ivanne S. est une créatrice de patrons intemporels dont les modèles se déclinent en une infinité de variations. Ses patrons sont réputés pour être de vrais manuels de couture et, en effet, ses notices de montage sont si détaillées qu’ils peuvent parfois déstabiliser au premier abord. Tout est en fait pensé pour accompagner au mieux la réalisation des vêtements dans leurs moindres détails et les rendre accessibles même aux débutants.

Notice de montage archi complète avec de nombreux schémas, fiches conseils pour choisir sa taille, faire les ajustements ou augmenter le patron avec des idées bonus, ses patrons sont plein de petites pépites pour apprendre toujours plus en couture. Et, selon notre niveau, on pourra soit aller à l’essentiel pour monter le vêtement rapidement, soit prendre le temps de découvrir de nouvelles techniques et être tenues par la main pour coudre tranquillement son modèle.

Chacun des modèles de la créatrice comporte tant d’options que l’on pourrait concevoir sa garde-robe entière avec quelques uns d’entre eux. Ce côté très versatile se déploie également grâce aux articles qu’elle publie régulièrement sur son blog et dans lesquels elle détaille des variations de chaque patron, augmentant même certains de nouveaux hacks expliqués pas à pas. Ce sont de véritables mines d’informations, j’aime beaucoup suivre ses articles qui sont autant des sources d’inspirations que des compléments techniques à ses patrons et je vous invite vraiment à lire son blog.

Le caraco Calcium

J’ai commencé par coudre le caraco Calcium dans une version assez simple : coupe semi-ajustée avec un décolleté V devant et dos sans ouverture et avec des bretelles classiques. Une première version idéale et rapide à coudre.

La taille et les ajustements

En suivant le tableau des tailles, mon tour de poitrine était pile entre les tailles 38 et 40 mais, aimant porté mes caracos plutôt près du corps, je suis partie sur un 38. Dans les ajustements, il était conseillé de grader le top entre notre mesure poitrine et notre mesure hanches si nécessaire. D’habitude, pour ce type de modèle assez fluide et non moulant, je me fie uniquement à la mesure de poitrine et je réalise un 38 mais, pour une fois, j’ai eu envie d’être au plus près de la coupe pensée par la créatrice et j’ai donc décidé de grader de la taille 38 à la poitrine au 42 au niveau des hanches. Je n’ai cependant pas ajuster le top en stature et j’ai finalement recoupé 6 cm sur le bas pour qu’il ne soit pas trop long.

La couture

Ayant déjà cousu plusieurs tops, le montage s’est révélé sans aucune difficulté. Ivanne S. propose différents niveaux de finition pour son patron et je me suis appliquée à soigner les détails : j’ai donc opté pour des coutures anglaises sur les côtés et j’ai gansé le bord de ma parementure avec un biais réalisé dans le même tissu que le pantalon. Je n’avais jamais pensé à ganser le bord externe de ma parementure mais j’ai trouvé l’idée très sympa et le rendu super joli, surtout si l’on utilise un biais contrasté qui vient apporter un petit plus au modèle.

Au porté, j’aime beaucoup le rendu de ce caraco, je trouve qu’il tombe bien et je suis contente d’avoir fait l’ajustement aux hanches qui lui apporte plus de fluidité et de flou à ce niveau-là. J’ai déjà repéré les prochaines variations du patron que j’aimerais coudre : une version basique à encolure droite, une autre avec l’incrustation du volant en V sur le devant et pourquoi pas une quatrième avec un petit col… Parce qu’on ne compte jamais assez de caracos dans sa garde-robe !

Le pantalon Saïki

Le pantalon Saïki me plaît depuis sa sortie en septembre dernier. J’avais notamment craqué sur la version en chambray avec sa ceinture élastiquée et smockée qui ressemblait beaucoup à l’un de mes pantalons d’été préféré du prêt-à-porter que je rêvais de reproduire en couture. J’avais donc laissé ce patron dans un coin de ma tête en attendant de me lancer.

Comme pour tous les patrons, mais peut-être encore plus dans le cas d’un pantalon, il est recommandé de faire une toile. J’avoue ne pas être une adepte des toiles, j’en réalise assez rarement sauf pour quelques vêtements particulièrement ajustés. Mais, pour Saïki, j’ai eu envie de jouer le jeu à fond et je me suis dit qu’une version pyjama ferait une toile parfaite pour vérifier le tombé du modèle. De plus, cette première version étant la variante la plus simple du modèle (coupe normale, élastique décoratif à la taille et poches italiennes), elle me permettait aussi de limiter les risques que ça n’aille pas du tout.

La taille et les ajustements

Pour ma première version, j’ai donc suivi le tableau des tailles à la lettre : mes mesures de tour de taille et de tour de hanches correspondaient à une taille 42. J’ai ensuite suivi la fiche des premiers ajustements à réaliser directement sur le patron à l’aide de mesures complémentaires : les longueurs taille-genou et taille-cheville m’ont permis d’ajuster la pantalon en hauteur en enlevant 5 cm répartis entre le milieu de cuisse et le dessous du genou. Cet ajustement était idéal car le pantalon tombe ainsi parfaitement en longueur. Je n’ai en revanche pas fait l’ajustement d’élargissement de la cuisse alors que mon tour de cuisse était supérieur à celui indiqué pour la taille 42 mais, en vérifiant le tableau des mesures du vêtement fini, l’aisance me paraissait suffisante.

Du côté des finitions, j’ai gansé les poches avec un biais fabriqué dans le même tissu que le top et je me suis contentée de surjeter toutes mes autres marges de couture avec un fil assorti à mon tissu. Mon pantalon tient bien à la taille et ne me sert absolument pas, je dirai même que la tension de l’élastique est plutôt faible. Si l’on aime être plus maintenue dans ses vêtements il faudra peut-être penser à le resserrer un peu, mais pour ma part je le trouve très confortable ainsi.

Futurs ajustements à prévoir

Sur les photos, on voit que le pantalon me rentre un peu dans les fesses. Je me sens à l’aise en largeur de hanches mais je devrai ajuster l’enfourchure dos du pantalon comme expliqué dans le patron pour une prochaine version. Enfin, la largeur des jambes me convient bien pour un pyjama mais, aimant porté mes pantalons un peu plus fuselés, j’adapterai aussi sûrement la largeur des jambes la prochaine fois.

La couture de ce pantalon m’a donné envie de me perfectionner dans cette pièce que je couds peu et de coudre de nouvelles versions pour affiner peu à peu mes choix d’ajustements. Comme le précise Ivanne S, la couture d’un pantalon est souvent le fruit de recherche, de tâtonnements et d’un juste équilibre entre un joli tombé du vêtement et la façon dont on aime les porter. C’est un apprentissage que j’ai envie de poursuivre autant avec ce modèle qu’avec d’autres patrons de pantalons pour faire entrer plus franchement cette pièce dans ma garde-robe cousue main !

Je suis vraiment contente de mon ensemble pyjama qui est très agréable à porter et qui m’a fait renouer avec les patrons Ivanne S. Son travail est d’une grande qualité et nous encourage autant à apprendre à coudre un modèle de façon détaillée qu’à le réinventer de multiples façons. Et c’est ce à quoi j’aspire de plus en plus en couture.

4 commentaires pour “Calcium et Saïki, version pyjama

  1. C’est canon (oups je l’ai déjà dit sur Instagram). Je trouve que c’est vraiment bien de soigner les finitions même pour une version test et pyjama. Ça fait deux pièces magnifiques ! Et l’association de deux tissus de la même couleur mais pas avec les mêmes motifs, c’est tellement une bonne idée !

  2. Quelles couleurs douces, la combinaison est tres joli et a un air feminin et confortable. J´aime bien. Merci pour ce nouveau article et les beaux images. Heike

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